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Balandier Georges

Image1Né à Aillevillers-et-Lyaumont (Haute-Saône), résistant sous l’Occupation, diplômé ès lettres et d’ethnologie, Georges Balandier travaille un an au Musée de l’Homme avant d’entrer à l’ORSTOM et partir en Afrique en 1946. Il mène des recherches au Sénégal, en Mauritanie et en Guinée, où il dirige le Centre local de l’IFAN, puis au Gabon et au Congo. Il fonde et dirige la section de sociologie de l’Institut d’études centrafricaines à Brazzaville jusqu’à son retour en France 1951. Chargé de recherche au CNRS, professeur à l’IEP de Paris, il soutient en 1954 sa thèse de doctorat principale : Changements sociaux au Gabon et au Congo, et sa thèse complémentaire : Sociologie des Brazzavilles noires – une des premières études de sociologie urbaine conduites en Afrique noire. Élu directeur d’études à la VIe section de l’EPHE, après la soutenance de sa thèse il y crée, en 1957, le Centre d’études africaines, auquel sera associé le Laboratoire de géographie et de sociologie africaines du CNRS (1967). Georges Balandier le dirigera jusqu’en 1984.

C’est en 1955 que Georges Balandier précise sa démarche scientifique. Il privilégie l’approche dynamiste des structures et des systèmes sociaux africains et la nécessité de tenir compte des résultats acquis par d’autres sciences. L’africanisme, en raison de la richesse des situations sociales et culturelles dont il traite, doit élargir l’apport fait aux recherches théoriques en sciences sociales. L’enregistrement des systèmes de pensée est nécessaire mais insuffisant : ce sont les ruptures dans la continuité socioculturelle et les rapports complexes entre tradition et modernité qu’il faut analyser. Le chercheur distingue trois champs où les sociétés africaines expriment le mieux leur nature propre et leurs réactions les plus chargées de signification :


  • Les ensembles et les espaces culturels : il faut non seulement identifier les critères selon lesquels s’expriment les parentés et les exclusions culturelles, il faut voir comment les ensembles culturels réagissent face aux nouveaux espaces politiques dominés par le processus de la construction nationale, aux ouvertures économiques et à la démocratisation.

  • Les religions et les innovations religieuses sont susceptibles de révéler les transformations de l’univers social et culturel africain, et surtout de révéler les nouvelles configurations du politique.

  • Les systèmes politiques traditionnels sont menacés, en Afrique plus qu’ailleurs, par l’ensemble des processus de modernisation. Il convient d’analyser les langages du pouvoir et du politique et les idéologies, les enjeux et les mécanismes des stratégies et des manipulations à fins politiques de modèles traditionnels, dans les conditions de la vie politique moderne, soit être placé au centre des recherches actuelles..

Élu professeur à la Sorbonne en 1962, Georges Balandier assure la direction de recherches collectives, notamment au Congo, au Gabon, en Côte-d’Ivoire, au Nigeria et au Maghreb. Il enseigne en France et en Afrique mais aussi aux Etats-Unis (Duke University, Hawaï), à Oxford, aux universités de Tokyo et de Kyoto, au Canada, au Mexique, en Iran… Ses ouvrages sont plusieurs fois réédités et traduits en une vingtaine de langues. Directeur de collections aux Presses universitaires de France, Georges Balandier a également coédité plusieurs revues : Présence africaine, Tiers-Monde, Cahiers d’études africaines, Journal of modern African studies. Il dirige, depuis 1965, les Cahiers internationaux de sociologie.

C’est dans le premier paragraphe d’Afrique ambiguë que son auteur dévoile comment ce continent l’avait attiré dès son adolescence. Ecrivain, aussi, Georges Balandier nous fait découvrir à travers ses livres son cheminement intellectuel, mais aussi ses pensées « profane s», ses amitiés et ses inimitiés, ses choix et ses non-choix, sa vie…

  • « Ces textes sont autant de jalons, ils signalent un double parcours où se lient le tracé d’une vie et celui d’un savoir. Tous deux sont indissociables sans pourtant se confondre. L’un révèle la formation et les transformations d’une singularité selon le mouvement des événements et de l’engagement personnel, l’autre indique les moments successifs d’une exploration du social dans sa diversité, du politique en ce qui le différencie de la seule puissance, du symbolique et de l’imaginaire en ce qui les constitue générateurs de sens et d’efficace dans la liaison des hommes au monde et entre eux. Tous deux, s’ils se distinguent et se recoupent cependant, sont en fait semblables dans l’exigence d’une liberté dont ils sont les révélateurs. Il n’y apparaît ni les traces d’une servitude à l’égard des dogmes partisans, ni celles d’un accommodement avec les systèmes intellectuels qui offrent la facilité d’occupation sans peine de “maisons du savoir ” paraissant les plus avancées, les plus en vue. » (Georges Balandier, Civilisés, dit-on, PUF, 2003, p. 9)

Georges Balandier est membre associé de l’Académie Royale de Belgique, de l’Académie d’Athènes et de l’Américan Philosophical Society.

Image2Image3Ouvrages de Georges Balandier

  • 2009, Le dépaysement contemporain : L’Immédiat et l'essentiel, Paris, PUF (Hors collection), 216 p. — Les présents entretiens, qui ne sont pas conduits à la façon d’une pure conversation, font dire ce qu’est le savoir en sciences humaines et sociales rapporté à un long parcours de recherche et d’engagement. Ils ont leur source dans une interrogation du monde et de l’Histoire, l’un saisi dans sa diversité, l’autre dans ses turbulences. Ce parcours est celui de Georges Balandier. Il accompagne la traversée d’une œuvre qui, commencée avec l’anthropologie des sociétés de l’ailleurs, mène à l’interprétation actuelle de la surmodernité mondialisante : on y mesure l’itinéraire accompli, depuis les premiers travaux sur la « situation coloniale », le « tiers monde » et les libérations africaines, jusqu’aux interrogations portant sur le « grand dérangement » des sociétés contemporaines. On y mesure également la fracture anthropologique effectuée au tournant du XXe siècle et l’entrée subreptice dans un nouvel Âge, avec l’émergence rapide de « nouveaux nouveaux mondes » dissociés de la géographie et issus de la « grande transformation » continûment à l’œuvre depuis trois décennies. Ces mondes, nous les habitons dans un dépaysement croissant, à tel point qu’ils en deviennent un autre ailleurs, engendré cette fois par les contemporains.

  • 2008, Fenêtres sur un nouvel âge 2006-2007, Paris, Fayard (Collection Documents), 287 p. La rupture n’est plus un choix, comme au temps des révolutions ou du pur volontarisme politique, elle est mouvement. Elle s’est effectuée principalement avant la fin des années quatre-vingts du siècle passé. Elle se poursuit par ruptures successives, en signifiant l’appartenance à un Nouvel Âge de l’histoire. Ce mouvement est celui que les technologies impulsent sans répit, celui que l’économisme conquérant entretient en l’exploitant et en l’accélérant. Des « nouveaux nouveaux mondes » en naissent, ils sont déjà là, nous les habitons sans savoir vers où ils nous entraînent ni ce qu’ils sont. Il faut équiper avec d’autres moyens la volonté de savoir, de comprendre pour agir, de maîtriser un dépaysement qui nous rend étranger à nous-mêmes. Le regard anthropologique suggère la méthode : voir d’ailleurs, connaître autrement. Ce livre fait des événements survenus en 2006 et en 2007 les révélateurs d’aspects méconnus, ignorés, de la société française actuelle, mis à découvert notamment par une élection présidentielle « pas comme les autres ». Sa forme narrative donne un relief dramatique à des situations dont les personnages sont appelés à comparaître.

  • 2006 (3e éd. revue et augmentée) Le pouvoir sur scène, Paris, Fayard, 172 p. Trad. brésilienne, espagnole, roumaine, portugaise, japonaise avec édition de poche (2000).

  • 2005 Civilisation et Puissance, Paris, L'Aube

  • 2005 Le Grand dérangement, Paris, PUF, 119 p. Trad. arabe.

  • 2005 (2è éd.) Civilisations et puissance. Changement d’époque, L’Aube / Poche essai, 2004, 46 p.

  • 2004 (4ème éd PUF « Quadrige ») Sens et puissance. Les dynamiques sociales, PUF, 1971, 334 p., Trad. anglaise, espagnole, italienne, portugaise, japonaise.

  • 2003 Civilisés, dit-on, Paris, PUF, 399 p.

  • 2001 Le Grand système, Paris, Fayard, 274 p.

  • Image4Image52000 avec Leonardo Cremonini,  En connivence, Milan, Electa

  • Image61999 (5e éd.), Anthropologie politique, Paris, PUF « Quadrige » (Le Sociologue, 12), 237 p., Trad. anglaise, américaine, espagnole, portugaise, italienne, allemande, suédoise, grecque, japonaise, arabe, persane, serbe, croate, roumaine, coréenne, albanaise, tchèque, russe, ukrainienne, argentine.

  • 1997 Conjugaisons, Paris, Fayard, 411 p.

  • 1996 Une anthropologie des moments critiques, Paris, EHESS ; AR, 1996 (vidéo et texte).

  • 1994 Le Dédale. Pour en finir avec le XXème siècle, Paris, Éd. Fayard, 1994, 236 p. Trad. italienne, brésilienne, portugaise.

  • 1992 (5ème éd) Sociologie actuelle de l’Afrique Noire. Dynamique des changements sociaux en Afrique centrale, Paris, PUF, 1955, XII-511 p. (Bibliothèque de Sociologie contemporaine). Trad. anglaise, américaine, italienne, allemande.

  • 1992 (5ème éd.) Afrique ambiguë, Paris, Plon (Terre humaine Pocket), 293 p. Trad. anglaise, américaine, allemande, japonaise, italienne, espagnole, portugaise.

  • 1992 (2ème éd.) La vie quotidienne au royaume du Kongo du XVIe au XVIIIe siècle, Paris, Hachette (La vie quotidienne), 286 p. Trad. anglaise, américaine, italienne, polonaise.

  • 1988 Le désordre : Éloge du mouvement, Paris, Fayard, 252 p. Trad. espagnole, italienne, portugaise, brésilienne.

  • 1985 Le détour : pouvoir et modernité, Paris, Fayard

  • 1985 (2è éd. revue et augmentée) Sociologie des Brazzavilles noires, Paris, Armand Colin ; Presses de la FNSP, 1955, 274 p. (Cahiers de la Fondation nationale des Sciences politiques, 67), 316 p.

  • 1981 Autour de Georges Balandier, Paris, Fondation d'Hautvillers.

  • 1977 Histoire d'Autres, Paris, Stock, 319 p.

  • 1974 (3ème éd.) Anthropo-logiques, Paris, PUF, repris ensuite et augmenté en Livre de poche « Biblio-essais ». Trad. italienne, brésilienne, portugaise. Cet ouvrage montre bien les constructions sociales des inégalités à partir des différences de sexe, d'âge et d'activité sociale ou de groupe familial.

  • 1972 Georges Gurvitch, sa vie, son œuvre, Pairs, PUF, 120 p. Trad. anglaise.

  • 1961 Les pays en voie de développement : analyse sociologique et politique, Paris, Les Cours de Droit, 312 p. (IEP, 1960-1961).

  • 1959 Les pays «sous-développés» : aspects et perspectives, Paris, Les Cours de Droit, 286 p., multigr. (IEP, 1958-1959).

  • 1955 L’anthropologie appliquée aux problèmes des pays sous-développés, Paris, Les Cours de Droit, 1955, 375 p. (IEP, 1954-1955).

  • 1954 Conséquences sociales de l’industrialisation et problèmes urbains en Afrique : étude bibliographique, Paris, Bureau international de recherche sur les implications sociales du progrès technique, 1954, 77 p.

  • 1952 Particularisme et évolution : Les pêcheurs lébou du Sénégal, avec Paul Mercier, Saint-Louis, Institut français d’Afrique Noire, 1952, 216 p. (Études sénégalaises, 3).

  • 1952 Les villages gabonais : aspects démographiques, économiques, sociologiques  Projets de modernisation, avec J.C. Pauvert, Brazzaville, Institut d’études centrafricaines, 1952, 90 p. (Mémoires de l’IEC, 5).

  • 1951 Aspects psychologiques et problèmes actuels de l’Afrique Noire, Paris, Centre d’études asiatiques et africaines, 1951, 117 p. multigr.

  • 1947 Tous comptes faits, Éd. du Pavois (Le Chemin de la vie), 236 p.

Principaux ouvrages dirigés

  • Le Tiers-Monde : sous-développement et développement, Paris, PUF, 1956, 393 p. (Travaux et documents de l’INED, 27). 2e éd. 1961.

  • Changements techniques, économiques et sociaux. Etude théorique, Paris, PUF, 1959, 359 p.

  • Les implications sociales du développement économique : changements technologiques et industrialisation, Pairs, PUF, 1962, 209 p.

  • Sociologie de la «construction nationale» dans les nouveaux États, Actes du 6e colloque de l’Association internationale des sociologues de langue française (Royaumont, 1965), Revue de l’Institut de sociologie, Bruxelles, 1967, n°2-3.

  • Dictionnaire des civilisations africaines, avec J. Maquet (éds), Paris, Hazan, 1968, 448 p.

  • Perspectives de la sociologie contemporaine : hommage à Georges Gurvitch, Paris, PUF, 1968, 468 p. (Bibliothèque de sociologie contemporaine).

  • Les relations de dépendance personnelle en Afrique Noire, Paris, Éd. de l’EHESS-CEAf, Cahiers d’études africaines, Paris, 1969, n°35.

  • Sociologie de mutations, Actes du 7e colloque de l’Association internationale des sociologues de langue française (Neuchâtel, 1968), Paris, Anthropos, 1970, 532 p.

  • Questions à la sociologie française, Paris, PUF, 1976, 279 p.

  • La Ruse, par G. Balandier, L. Sfez, Y. Delahaye, G. Perec [etc.], Paris, Union générale d'éditions, numéro spécial de Cause commune, 1977, n°1, 255 p. (10/18, 1143).

  • Au temps de la colonie, présenté par G. Balandier et M. Ferro, Paris, Seuil, 1984,  130 p.

  • Dictionnaire critique de la communication, avec L. Sfez, 1993, 1780 p.

Ouvrages publiés en hommage à Georges Balandier

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