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Publications 2009

Michel Agier, Esquisses d’une anthropologie de la ville. Lieux, situations, mouvements, Paris, Academia-Bruylant, 2009.

  • Image1Au moment où la ville, dit-on, se « défait », le regard anthropologique s’avère plus nécessaire que jamais pour retrouver, sans préjugé ni modèle a priori, les genèses et les processus recréant sans cesse et partout l’espace  partagé de la ville. Michel Agier a enquêté pendant plusieurs années dans les quartiers périphériques, les établissements précaires et les campements, en Afrique noire, en Amérique latine et plus récemment en Europe. Sur la base de cet ancrage ethnographique, il propose des pistes pour répondre à la question du « faire ville » aujourd’hui. À partir de trois entrées ou « esquisses » distinctes et convergentes – les savoirs (La ville des anthropologues), les espaces (La ville à l’œuvre) et les situations (La ville en mouvements) −, l’ouvrage défend la possibilité et l’utilité pour tous (habitants, concepteurs, observateurs et réformateurs) d’une conception anthropologique de la ville.

Doris Bonnet, Repenser l’identité, Préf. J.-L. Amselle, Paris, Éditions des Archives contemporaines, 2009, 118 p.

  • Image2La biomédecine du XXIe siècle, avec ses possibilités de dépistage prénatal, offre une lecture de la vie où un couple doit exprimer, à l'annonce d'une anomalie génétique, sa volonté de transmettre ou non à sa descendance son héritage biologique. Mais, dès lors qu'on s'interroge sur le corps et la notion de personne, on est confronté à différents modèles de l'humain selon ses convictions religieuses, ses idéaux culturels et familiaux, et son expérience passée par rapport à la maladie. C'est dans ce contexte « bio-social » que des femmes immigrées originaires d'Afrique subsaharienne peuvent découvrir, en France, à l'occasion d'un accouchement que leur enfant est porteur d'une maladie génétique héréditaire appelée « drépanocytose ». Cette maladie est paradigmatique car elle fait valoir la notion de race en médecine. Elle interroge la notion de « culture d'origine », révèle des théories différentes de l'hérédité, des préjugés et des stéréotypes, des pratiques de discrimination dans un contexte politique qui risque de conduire à une racialisation des rapports sociaux.

Nadège Chabloz (coord.), Tourismes, La quête de soi par la pratique des autres. Cahiers d’études africaines, n°193/194, juin 2009/XLVI (1-2).

  • Image3Depuis les Indépendances, le tourisme en Afrique a été appréhendé par les chercheurs tour à tour comme une forme de néo-colonialisme, un facteur de développement, comme destructeur des sociétés traditionnelles locales, puis comme facteur de paix et de rencontre entre les peuples. La figure néo-coloniale du touriste blanc, riche et puissant, tant décriée par les chercheurs des années 1970, laisse de plus en plus la place à celle du touriste culturel, solidaire ou équitable, en quête de rencontre avec l’autre. La vingtaine de contributions réunies dans ce numéro visent à déplacer la réflexion d'une problématique trop souvent basée sur l'impact du tourisme en Afrique à un questionnement sur les imaginaires touristiques portés sur ce continent, sur la manière dont les acteurs locaux et les autorités publiques participent à leur création, se les approprient ou les contestent. Ce volume met l'accent sur les circulations transnationales, les réseaux, le politique, les enjeux identitaires. Il montre surtout que le touriste n'est plus un simple spectateur. Du Maghreb à l'Afrique du Sud, les auteurs révèlent la dimension participative des pratiques touristiques contemporaines sur le continent. Sommaire

Jean-Paul Colleyn, Boli, Ed. Johann Levy & Gourcuff Gradenigo, 2009,174 p.

  • Au Mali et dans les pays limitrophes, un boli est un objet fabriqué qui est la source de pouvoirs extraordinaires et auquel on rend un culte. Ce sont ses adeptes que l’on appelle les Bamana ; une appellation qui transcende les divisions ethniques. A mi-chemin entre l’être et la chose, le boli doit être nourri par le sang de sacrifices et c’est à cette condition qu’il peut agir comme protection ou comme arme. Dans cet étrange objet, le missionnaire et le conquérant musulman virent la marque de Satan, tandis que le colonisateur en faisait le symbole d’un âge primitif. En revanche, les ethnologues et les avant-gardes artistiques le reconnaissent, au-delà de son caractère mystérieux et informe, comme un médiateur fascinant entre l’homme et son environnement.

Jean-Paul Colleyn (dir.), Jean Rouch. Cinéma et anthropologie, préf. Edgar Morin, Ed. Cahiers du cinéma/INA, 2009, 220 p., 30 ill.

  • Image4Jean Rouch est une figure centrale du cinéma ethnographique. Dès les années quarante, il filme avec sa caméra 16 mm ses missions sur et autour du fleuve Niger. En 1949, il remporte avec ‘L’Initiation à la danse des possédés’ le prix du festival du film maudit de Biarritz qui sera suivi de bien d’autres avec ‘Les Maîtres fous’, ‘Moi, un noir’, ou ‘La Chasse au lion à l’arc’ pour ne citer que les plus connus. Le cinéaste brouille les frontières des genres en réalisant avec ses amis nigériens des sortes d’ethno-fictions. A l’intérieur même du documentaire, il invente un nouveau mode cinématographique, celui du documentariste qui s’immerge totalement dans la réalité qu’il décrit et interagit avec elle. Jean-Paul Colleyn réunit ici les textes où Jean Rouch raconte sa trajectoire, ses années de formation, son métier d’ingénieur, son goût pour le cinéma, ses voyages en pays dogon et ses expériences d’anthropologue, revenant sur des questions de méthode cinématographique, sur le "cinéma-vérité" et sur la poésie du cinéma.

Image5Patrice Yengo, Le venin dans l’encrier, Les conflits du Congo-Brazzaville au miroir de l’écrit, Brazzaville, Éditions Paari, 2009, Préf. Jean Copans.

  •  Voici une étude qui rappelle quelques pages de la récente histoire du Congo-Brazzaville tâchée de sang à cause de la cacophonie politique engendrée par la classe politique après la Conférence nationale de 1991. Pourquoi le sang a-t-il servi à écrire l’histoire sociopolitique à partir de 1992 ? C’est à cette question que l’anthropologue Patrice Yengo essaie de répondre à travers l’étude comparative des « Fruits d’une passion partagée » de Pascal Lissouba avec « Le manguier, le fleuve et la souris » de Denis Sassou Nguesso.

Jean-Pierre Warnier, Régner au Cameroun. Le roi-pot, Paris, CERI-Karthala, 2009, Coll. Classiques contemporains de l’anthropologie.

  • Image6Le roi Ngwa'fo des Mankon est ingénieur agricole, homme d'affaires et premier vice-président du parti de Paul Biya. Il a succédé à son père en 1959. Son règne couvre cinquante ans d'indépendance. Il affiche des convictions modernisatrices tout en remplissant à la lettre ses fonctions monarchiques. Il fait des offrandes aux défunts. Son corps propre est investi de substances de vie ancestrales. Il les communique à son peuple et à ses épouses par sa parole, son souffle, sa salive, sa semence, et par des substances qui démultiplient ses humeurs corporelles. Il agit comme un "roi-pot" muni d'une enveloppe et d'orifices qui ordonnent et contrôlent des transits en flux entrants et sortants. Ses sujets mettent en oeuvre des techniques du corps et des techniques de soi qui les identifient à des récipients en rapport avec le corps du roi. La combinaison d'une problématique d'inspiration foucaldienne de la gouvernementalité et d'une ethnographie très concrète des pratiques matérielles et motrices, peu verbalisables, démontre que le pouvoir s'adresse aux corps et aux objets. Les sujets s'assujettissent, sans prise de conscience critique, aux enveloppes qui les contiennent.

Jérôme Valluy, Rejet des exilés - Le grand retournement du droit de l'asile. Éditions Du Croquant, 2009, 320 p.

  • Image7Naguères, les réfugiés étaient perçus comme des victimes objets de compassion, aujourd’hui ils sont traités comme des coupables et enfermés dans des camps. S’agit-il d’une réponse à un envahissement migratoire? D’une réaction inéluctable à la crise économique? De l’effet d’une xénophobie populaire exacerbée? En s’appuyant sur son expérience de juge de la demande d’asile pour analyser les procédures et cinq années d’étude des politiques de répression des migrations en France et en Europe, l’auteur écarte ces interprétations pour soutenir la thèse d’une transformation de nos cultures politiques sous l’effet d’une xénophobie de gouvernement qui stigmatise l’étranger comme problème, risque ou menace. Ce phénomène entraîne le grand retournement du droit de l’asile qui bien loin de protéger les exilés participe aujourd’hui à leur discrédit et sert à justifier leur enfermement dans des camps aux frontières de l’Europe.

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