CECI n'est pas EXECUTE Mondes américains : Supports et circulations des savoirs et des arts en Afrique et dans le monde

Axes recherche |

Supports et circulations des savoirs et des arts en Afrique et dans le monde

Responsable : Christine Douxami

Chercheurs du CEAf : Jean-Paul Colleyn, Anne Doquet, Christine Douxami, Catarina Madeira-Santos, Elikia M’Bokolo, Jean-Claude Penrad.

Chercheur(e)s associé(e)s : Maria-Benedita Basto, Iolanda Pensa, Elena Vezzadini.

Doctorants : Jeanne Bana-Kouassi, Gaëlle Beaujean, Nadège Chabloz, Frédérique Cifuentes, Medifo Dadji, Mathilde Leduc, Jeanne Mercier, David Nadeau-Bernatchez, Smaranda Olcese.

2011

Résumé :

  • Dans cet axe de recherche sont mené des recherches sur la circulation des arts, des représentations et des savoirs en Afrique (et à partir des supports artistiques, visuels, audio, nouveaux médias, …) pour analyser les dynamiques sociales et économiques aussi bien entre les pays d’Afrique qu’entre l’Afrique et l’extérieur.

  • Chantiers et pays : La reconversion des devins-guérisseurs maliens en ville ; les Festivals culturels et mises en patrimoine ; la culture visuelle ; les performances rituelles (Côte d’Ivoire, Ghana, Mali, Nigéria) /Les vidéos domestiques (Ghana) / Histoire intellectuelle et culturelle des processus politiques ( Congo RDC)/ Universités d'Afrique (Ethiopie, Sénégal)/ Islam, confréries et les marges du religieux dans « l’Afrique au long cours » ( Tanzanie, Comores, Madagascar)/ Les manifestations festivalières de l'art contemporain africain (Gabon)/ Les modes d’élaboration et la constitution d'historiographies nationales dans les sociétés d'Afrique centre-orientale (Tanzanie, Rwanda) / Expériences coloniales, pouvoirs africains et instances de savoir dans les « Afriques lusophones » (Angola, Mozambique).

Programme

Dans la définition de cet axe de recherche et de formation orientée vers l’Afrique, il importe de saisir les diverses formes de discours et d’images qui organisent les représentations du continent, des sociétés qui le composent et des diasporas qui lui sont liées, qu’il s’agisse de celles issues des traites esclavagistes ou de celles formées par les migrations contemporaines. Depuis plusieurs années, un bilan critique des savoirs dits africanistes a été entrepris au CEAf, des travaux d’histoire culturelle ont traité en particulier des sources iconographiques et musicales, des recherches en littérature ont saisi les enjeux sous jacentes à la production créative et aux dispositifs institutionnels, et des enquêtes anthropologiques ont été entreprises sur des objets et des pratiques artistiques.

L’inscription de ces recherches dans la cartographie intellectuelle de l’EHESS, au croisement des disciplines et des aires culturelles, invite à élargir la focale, en sortant du domaine dit « francophone », en réunissant les arts et les savoirs axés sur l’Afrique dans un projet scientifique commun et en proposant un renversement de perspective. Plutôt que de situer d’emblée l’analyse dans l’ordre des signifiés (les discours et les images), l’observation au niveau des signifiants (les supports et leurs espaces de circulation), permet de considérer les dynamiques sociales et économiques sous-jacentes aux activités esthétiques et intellectuelles. La notion de support part de la dimension matérielle la plus concrète (livres, film, bandes magnétiques, dessin, peinture, etc.), et suit ses extensions dans l’espace social. Par exemple, le support « livre », dont l’unité minimale consiste en feuillets imprimés et reliés, se déploie à travers plusieurs espaces : maisons d’édition, imprimeries, librairies et bibliothèques, lectorat, rubriques de comptes-rendus, marché d’occasion, diffusions reprographiées, etc.

Par le croisement des diverses approches des sciences sociales (histoire, anthropologie, sociologie, économie, histoire de l’art, études littéraires, linguistique, filmologie), l’observation complète ou sectorielle d’un support permet de retracer les processus de construction et d’organisation d’espaces publics, de marchés et de milieux spécialisés. Sur cette base, des circulations de tous ordres peuvent être suivies et décrites à des échelles plus ou moins vastes. Cette démarche s’inscrit dans une interrogation déjà fortement structurée des rapports entre local et global, dont la conception dualiste doit être nuancée.

L’enjeu particulier de notre projet réside dans la mise à l’épreuve des instruments des sciences sociales appliqués aux productions artistiques et savantes sur les terrains d’Afrique ou connectés à l’Afrique. Les résultats escomptés pourraient révéler des usages inédits par rapport aux formes instituées et réglementées dans les pays de l’hémisphère Nord. Ainsi, une large part des supports des arts et des savoirs en Afrique relève de secteurs socio-économiques dits « informels » dont les pratiques peuvent éclairer des problèmes historiques (séquelle de la traite esclavagiste, liaisons et déliaisons avec les anciennes métropoles) et actuels (le piratage des ressources, la dématérialisation des supports, la déconnexion des langues d’un langage universel).

Les chercheurs de cet axe sont amenés à penser à nouveaux frais des catégories usuelles, parfois déconstruites, mais qui pèsent d’un poids particulier dans les contextes africains. Vus sous l’angle de leurs supports, les savoirs et les arts élaborés en Afrique ou autour des représentations de l’Afrique s’affranchissent des cadres ethniques ou nationaux impliqués par la notion de culture et se développent sur une gamme de discours et de compétences plus vaste que celle couverte par la définition communément admise des arts et de savoirs. D’un autre côté, contrairement à de nombreuses prédictions, la mondialisation ne s’est pas traduite par une diminution de la diversité culturelle. On assiste, par exemple, à une accélération de la promotion des cultures et à une « ethnologisation » des minorités. Cette « patrimonalisation » s’appuie davantage sur les définitions essentialistes que sur les mises en perspective contextualistes des chercheurs. Ironiquement, l'anthropologue contemporain se voit renvoyer, dans un contexte de valorisation touristique ou de résistance culturelle, une image du Dogon, du Touareg ou du Yoruba éternels, parfois fondée sur les travaux de ses prédécesseurs. L’anthropologie de l'Afrique (mais elle n'est pas la seule) doit aujourd'hui tenir compte d'une instrumentalisation politique de la culture mise en œuvre par des associations culturelles locales. Des groupes humains ont pris conscience qu'à travers les médias et le réseau Internet, ils avaient intérêt à soigner leur réputation et à valoriser leur image. Il ne s'agit ni de distribuer les bons ou mauvais points sur une échelle d'authenticité relative – entreprise qui serait totalement vaine – ni de regretter le caractère « intéressé » des stratégies des uns et des autres, mais plutôt d'essayer d'analyser ces phénomènes. Ces reformulations contemporaines des « traditions » s'offrent aujourd'hui comme nouveaux objets de recherches.

Chercheurs :

  • Jean-Paul Colleyn : La reconversion des devins-guérisseurs maliens en ville ; la culture visuelle, les performances rituelles ; les vidéos domestiques au Ghana et au Nigeria.

  • Maria-Benedita Basto : Écriture et décolonisation pendant la lutte de libération au Mozambique. Récits de fragmentation et dissensions dans la construction d’une localité (Mozambique XIXè-XXè siècles).

  • Anne Doquet : Festivals culturels et mises en patrimoine au Mali.

  • Christine Douxami :

  • Catarina Madeira Santos : Histoire de l’Afrique lusophone : Expériences coloniales et sociétés africaines (XVè-XIXè siècles).

  • Elikia M’Bokolo : Afrique noire : Histoire intellectuelle et culturelle des processus politiques (18e-19e siècles).

  • Jean-Claude Penrad : Islam, confréries et les marges du religieux dans « l’Afrique au long cours ».

  • Iolanda Pensa : Recherches sur les circuits de financement de la Biennale de Dakar.

  • Elena Vezzadini :

Doctorants associés :

  • Jeanne Bana Kouassi : Approche dramaturgique des rituels. (Dir thèse J.P. Colleyn)

  • Gäelle Beaujean, L’art de cour d’Abomey : variations de la valeur politique des objets. Dir. J.P. Colleyn.

  • Nadège Chabloz,

  • Frédérique Cifuentes,

  • Medifo Dadji,

  • Mathilde Leduc,

  • Jeanne Mercier : L’élaboration d’un contexte culturel photographique en Afrique. Le cas malien (Dir. J.P. Colleyn).

  • David Nadeau-Bernatchez,

  • Smaranda Olcese,

22-11-2012

EHESS
IRD

flux rss  Actualités

Décentrements. Les Suds et les défis épistémologiques d'un monde commun

Extrait : La notion de décentrements renvoie à une démarche qui invite à appréhender différents lieux subsumés par le concept de Suds où sont mises à l’épreuve, en théorie et (...)

Lire la suite

Typographie et graphisme de la lettre arabe : enjeux et perspectives

Organisée à l’occasion de l’exposition TYPOGRAPHIAe ARABICAe qui se tiendra du 15 juin au 8 août 2015 dans les espaces de la Bibliothèque universitaire des langues et civilisations (BULAC) et dans la galerie du Pôle des langues et civilisations, cet après-midi d’étude a pour objectif de discuter des enjeux actuels de la typographie de la lettre arabe, à une échelle internationale et à la lumière des expériences passées.

Lire la suite

L'altérité et l'identité à l'épreuve de la fluidité

Colloque organisé par le Groupe de Recherche FIRA, l'IMAF–EHESS, l'Université Fédérale du Rio Grande du Sul (Brésil).

Lire la suite

L'altérité et l'identité à l'épreuve de la fluidité

Appel à communications, colloque organisé par le groupe de recherche Frontières identitaires et Représentations de l’altérité, Institut des Mondes Africains/IMAF - Université Fédérale du Rio Grande du Sul (Brésil) - 17 et 18 novembre 2014 - Paris, France.

Lire la suite