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Livres publiés en 2005

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  • Michel Agier, Salvador de Bahia : Rome noire, ville métisse, photos de Christian Cravo, Paris, Autrement, 2005, 160 p. (Monde/Photos).
    Salvador de Bahia est née au XVIe siècle, sous le signe de tous les dieux, de tous les mélanges et de toutes les violences. Mélange des corps, des croyances et des mœurs. Violences de la conquête et de la domination des colons. On persiste à penser que rien ne change à Bahia. Bien sûr, ce sont des images. Elles sont inscrites dans ce que tous pensent de Bahia : la ville la plus noire et la plus chantante du Brésil, qu'une de ses augustes prêtresses du candomblé, Mae Aninha, appela la "Rome noire". Et pourtant, Salvador est, de toutes les grandes villes du Brésil, celle où la part de la population déclarée métisse est la plus importante. À vouloir rendre plus compréhensible cet imaginaire qui refonde Salvador de Bahia à chaque nouvelle découverte, à vouloir décrire les laideurs autant que la beauté des métissages qui ont fait la ville, nous risquons fort d'ôter à cette image vivante un peu de son mystère enchanteur. Au moins la majestueuse "Mère de toutes les villes du Brésil" deviendra-t-elle plus proche et, ainsi, un peu plus vraie.

  • Jean-Loup Amselle, L’Art de la friche, essai sur l’art africain contemporain, Paris, Éd. Flammarion, 2005, 214 p.
    Le terme de « friche » est récemment venu au monde de l’art – lieu alternatif, espace intermédiaire, site abandonné où se produisent des formes artistiques nouvelles. C’est sur ce modèle quelque peu paradoxal (la friche tire sa vitalité des ruines) qu’il faut comprendre nos rapports avec l’art africain. De par son caractère auto-référentiel, l’art contemporain occidental serait dans une impasse. Face à ce délitement, le métissage, le recyclage, le mixage des cultures apporteraient la solution miracle et l’Afrique serait ainsi une source majeure de régénération de l’art occidental.
    Oui, mais de quelle Afrique parlons-nous ? Il s’agit moins ici de réfléchir aux qualités proprement esthétiques de l’art africain que de délimiter, à travers celui-ci, la place qu’occupe l’Afrique dans notre imaginaire. Art «premier» ? Art «tribal» ? Art «contemporain» ? L’art africain apparaît comme ce lieu stratégique d’interlocution – y compris dans ses malentendus – entre l’Occident et l’Afrique.

  • Jean-Loup Amselle, Branchements : anthropologie de l'universalité des cultures, Paris, Champs Flammarion, 2005 [éd. revue et corrigée, 1e éd. 2001]. Compte rendu
    Ce livre, qui procède d'un travail de terrain éclaté, nous promène à travers trois capitales : Bamako au Mali, Le Caire en Egypte et Conakry en Guinée. En cela, il rompt avec l'approche classique de l'anthropologie, qui privilégie le local par rapport au global, et répond au souci de cerner au plus près les contours d'une véritable multinationale culturelle : le N'ko. Fondé en 1949 pour exprimer l'identité d'un peuple opprimé, le peuple mandingue, ce mouvement doit beaucoup à l'Europe et à l'islam - l'alphabet dont il s'est doté évoque ainsi les alphabets latin et arabe, tout en possédant ses caractéristiques propres. A ce titre, le N'ko illustre les "branchements" possibles d'une culture sur une autre, phénomène de dérivations multiples qui montre bien que notre monde globalisé n'est pas une simple juxtaposition d'univers étanches. De la globalisation à l'afrocentrisme, de l'écriture à la philosophie africaine et au génocide, la thématique du branchement permet de décliner les différentes figures qui font de l'Afrique un concept à géométrie variable, un élément essentiel de l'imaginaire planétaire.

  • Jean-Loup Amselle et Elikia M’Bokolo (dir.), Au cœur de l'ethnie : ethnies, tribalisme et État en Afrique, Paris, La Découverte, 2005, 225 p. [1e éd. 1985].

  • Georges Balandier, Le Grand dérangement, Paris, PUF, 2005, 119 p.
    Le Grand Dérangement contemporain marque le passage, par rupture, d'un passé défait à un présent où le devenir se produit dans une transformation continue sans achèvements identifiables. Il contraint à reconnaître aujourd'hui les mondes où l'homme contemporain inscrit ce qui l'engage dans un nouveau commencement, défini par des territoires dont il est le seul créateur aventureux. Ces "nouveaux Nouveaux Mondes" surgissent sous l'action des avancées conjuguées de la science, de la technique et de l'économisme désentravé. La démarche est ici exploratrice, conduite comme une découverte. C'est en observateur décentré, attentif aux révélateurs des grandes transformations contemporaines, que l'auteur propose des interprétations inédites. C'est en observateur engagé qu'il dénonce aussi les défaillances de l'action civilisatrice, la montée ininterrompue de la puissance, et qu'il évalue les réactions de l'outre-Occident à l'expansion de la surmodernité mondialisante.

  • Georges Balandier, Civilisations et puissance, Paris, L’Aube/Poche essai, 2005, 46 p. [1e éd. 2004].
    "Le temps des structures cède face au temps des événements. " Cet enseignement majeur de Georges Balandier est développé dans un texte simple, ancré dans l’actualité depuis le 11 septembre 2001. Ce livre est comme un résumé, un testament intellectuel - oserait-on presque dire - de Georges Balandier. Il y exprime simplement les idées fortes de sa pensée, et en particulier celles de son dernier ouvrage, Civilisé dit-on. Mais il le fait en visant un large public et à partir d’un commentaire de l’actualité pour rendre sa pensée plus facilement accessible.

  • M.-H. Aubert, Georges Balandier, J. Boyon et A. Bio Tchane, Les défis de l’Afrique, Paris, Dalloz-Sirey, 2005, 227 p. (Enjeux stratégiques). Loin de l'afro-pessimisme, cet ouvrage, réunissant de grands spécialistes de ce continent, fournit au lecteur les clefs des problématiques africaines : développement, bonne gouvernance, éducation et santé.

  • Charles Becker (éd.), Promouvoir la bioéthique en Afrique (Premières journées de bioéthique de Dakar pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Quelle éthique pour la recherche en Afrique ?), Dakar, Unesco, MAE, OMS, 2005, 95 p.

  • Image3Chantal Blanc-Pamard, P. Milleville, S. Razanaka, M. Grouzis, Environnement et pratiques paysannes à Madagascar, Paris, Éd. de l’IRD, 2005.

    La région sud-ouest de Madagascar fait l'objet de mutations agraires, rapides et de grande ampleur, dans lesquelles interfèrent des phénomènes démographiques, sociaux, techniques et écologiques. La culture pionnière du maïs sur abattis-brûlis constitue la cause principale d'une déforestation, sans doute irréversible. Avec l'installation des populations migrantes et la réduction des terres agricoles disponibles, de profondes recompositions affectent les relations sociales, les systèmes de production et l'organisation de l'espace rural ; implanté depuis longtemps, l’élevage est aussi un facteur important dans la dynamique des savanes du Sud-ouest. Dans un tel contexte, les questions de développement et d'environnement sont liées. Ce Cédérom privilégie l’observation de terrain des dynamiques de déforestation, l’outil cartographique, l’iconographie, et la vidéo. Il synthétise les travaux de l’ensemble de l’équipe, et fournit une riche base de données sur une région-témoin du Sud-ouest malgache.

  • Florence Bouillon, Marion Fresia et Virginie Tallio (doctorante) (dir.), Terrains sensibles. Expériences actuelles de l’anthropologie, Paris, Éd. EHESS – CEAf, 2005, 210 p. (Dossiers africains). Résumé et sommaire

  • Image4Marie-Christine Cormier-Salem, Dominique Juhé-Beaulaton, Jean Boutrais et Bernard Roussel, Patrimoines naturels au Sud : territoires, identités et stratégies locales, Paris, Éd. de l’IRD, 2005, 551 p. (Colloques et séminaires)
    Ces contributions examinent le regard porté par les sociétés africaines sur la question du patrimoine. Elles étudient comment cette notion de patrimoine est comprise : héritage, prolongement du passé... Elles explorent ensuite les liens entre revendications patrimoniales, territoriales et identitaires.

  • Jean-Paul Colleyn et Emmanuel Terray. Traversées, Bruxelles, Labor, 2005, 172 p. (Trace).
    Trois thèmes résument à la fois le parcours et l'œuvre de l'auteur : le voyage, les livres et l'action. Le voyage, parce que l'anthropologue est quelqu'un qui se déplace et qui trouve ailleurs non seulement des vérités sur ce qu'il découvre, mais aussi des vérités sur sa propre société. Les périples de l'écriture, ensuite, puisque l'auteur des Ombres berlinoises est aussi un écrivain du voyage, même si ses "voyages-essais" ne ressemblent à nul autre. Enfin, et surtout, Emmanuel Terray est un homme engagé, peu enclin à la résignation, révolté par les injustices de notre temps et fasciné par ceux qu'il appelle "les aventuriers de l'absolu". Toute son œuvre, qu'elle réfléchisse sur des faits sociaux proches ou lointains, est en effet parcourue par une réflexion sur le pouvoir, la loi, le savoir, l'action et l'engagement politique. C'est donc à une traversée passionnée que ce livre invite, mais qui débouche aussi sur l'universel tant l'anthropologue manie - à l'aide de textes anciens aussi bien qu'en se fondant sur son expérience - l'art de questionner le présent et, souvent, de le défier. Emmanuel Terray est doublement anthropologue, car, tout au long de sa carrière, il est passé d'un savoir local fondé sur l'enquête à des considérations plus générales, pour lesquelles il convoque également sa formation de philosophe.

  • Jean Copans, Introduction à l’ethnologie et à l’anthropologie, Paris, Armand Colin, 2005 [1e éd. 1996], réédition : Nathan Université, 2006 127 p. (Sciences sociales).
    L'ethnologie et l'anthropologie constituent deux moments ou deux formes (selon les traditions françaises ou anglo-saxonnes) d'une même démarche. Imaginée au 18e siècle, construite progressivement au 19e autour de la notion de "primitif", l'ethnologie devient pleinement automne au 20e siècle grâce à l'enquête de terrain, à l'observation participante et à des théories à visée comparatiste (culturalisme, fonctionnalisme, structuralisme). L'anthropologie finit par en universaliser la portée en intégrant à son approche aussi bien le changement social que les cultures modernes et occidentales.

  • Michèle Dacher, Cent ans au village. Chronique familiale gouin (Burkina Faso), Paris, Éd. Karthala, 2005, 400 p.
    Ce livre retrace l’histoire d’une famille villageoise au cours des cent dernières années. Du fondateur de la concession, agriculteur, guerrier, chasseur, féticheur, guérisseur… jusqu’à son petit-fils, agriculteur et immigrant pauvre en Côte d’Ivoire, ballotté par les aléas politiques, ce récit révèle le souci premier de chacun : acquérir une ou plusieurs épouses et obtenir descendance et travail. Mais si l’alliance était jadis l’affaire des chefs de lignage et d’unités résidentielles, elle est devenue celle des individus.

  • Tarik Dahou, Entre parenté et politique. Développement et clientélisme dans le Delta du Sénégal, Paris, Éd. Karthala, 2005, 368 p.
    En mars 2000, le Sénégal a connu une alternance politique qui a interrompu le règne exercé par le Parti socialiste (PS) depuis l'indépendance. L'évolution du système clientéliste dans le delta du Sénégal permet de comprendre son déclin. Ce travail a pour point de départ la libéralisation économique et politique intervenue au début des années 80. Dans le nord du pays, le désengagement de l'État s'accompagne de la construction de barrages dédiés à l'aménagement du fleuve. Alors que l'irrigation privée était réputée substituer des rapports marchands aux liens de dépendance personnels, les relations clientélistes se renforcent car les entrepreneurs politiques captent dans la sphère privée les ressources pour mobiliser leurs clientèles. Leur hégémonie s'appuie sur les formes "traditionnelles" du pouvoir et sur la manipulation des ressources du développement. Les conflits factionnels autour de la rente du développement ont toutefois suscité l'émergence de logiques dissidentes fondées sur la remise en cause de la corruption. L'évolution des hiérarchies pendant la période de la libéralisation témoigne de leur érosion. Les dynamiques de la société rurale affectent les relations de pouvoir, et les conflits qu'elles engendrent réagissent sur les comportements politiques. Les changements de longue durée et les conjonctures politiques qui traversent l'histoire nationale et locale contribuent à l'essor progressif d'un espace public.

  • Bogumil Jewsiewicki et Nyunda ya Rubango (dir.), Littérature francophone. Université et Société au Congo-Zaïre. Hommage à Victor Bol, Paris, L’Harmattan, 2005, 312 p.
    En hommage à Victor Bol, qui introduisit il y a un demi-siècle au Congo-Zaïre la littérature africaine comme discipline universitaire, une vingtaine de contributeurs, presque tous congolais, analysent sur le mode mémoriel les heurs et malheurs de cette innovation. La recherche, la critique et l'enseignement littéraires, spécialement dans le champ des lettres africaines et romanes, sont au centre de cette réflexion. Les auteurs s'interrogent sur l'historicité du monde universitaire congolais et sa capacité à se reproduire.

  • Alain Marie, La coopération décentralisée et ses paradoxes : dérives bureaucratiques et notabiliaires du développement local en Afrique / préf. de J.-P. Olivier de Sardan, Paris, Éd. Karthala, 2005, 229 p. (Économie et développement).
    La faillite des grands programmes étatiques a mis à la mode le small is beautiful du développement local et de la coopération directe entre sociétés civiles du Nord et du Sud. Toutefois à y regarder de près, force est de constater que leurs promesses peuvent être perverties par les modalités de leurs mises en oeuvre. A chaque étape du programme de développement, le recours délibéré à l'expertise indépendante d'une anthropologie de terrain affranchie des impératifs de l'action pourrait contribuer à lever les difficultés. De manière constructive, cette étude complète l'analyse par des propositions pratiques.

  • Elikia M’Bokolo (éd.), L’Afrique entre l’Europe et l’Amérique : le rôle de l’Afrique dans la rencontre de deux mondes (1492-1992), Paris, Presses de l’Unesco, 2005 [1e éd. 1995], 189 p.
    Cet ouvrage traite de la situation de l'Afrique à la veille de la conquête de l'Amérique, des conséquences à court et long termes de l'expansion européenne, des influences culturelles réciproques afro-américaines et des perspectives de dialogue entre deux continents enchaînés par l'histoire et unis par des liens profonds pendant cinq siècles.

  • Image5Fabienne Samson-Ndaw, Les marabouts de l’islam politique : Le Dahiratoul Moustarchidina wal Moustarchidaty, un mouvement néo-confrérique sénégalais, préface d’Ousmane Kane, Paris, Karthala, 2005, 384 p.
    Le Sénégal connaît depuis une quinzaine d'années une transformation considérable des pratiques de l'islam, notamment chez les jeunes urbains. Le système confrérique se modifie en profondeur et une nouvelle mouvance islamique apparaît, composée de mouvements "néo-confrériques." Le Dahiratoul Moustarchidina Wal Moustarchidaty, issu de la Tidjaniyya, est un parfait exemple de cette nouvelle mouvance islamique au Sénégal.

  • Laurent Vidal, Abdou Salam Fall et Mathias Dakouri Gadou (doctorant), Les professionnels de santé en Afrique de l’ouest. Entre savoirs et pratiques. Paludisme, tuberculose et prévention au Sénégal et en Côte d’Ivoire, Préface de Jean-Pierre Dozon, Paris, L’Harmattan, 2005, 328 p. (Logiques sociales).
    Cet ouvrage s'attache à étudier le quotidien de soignants qui composent avec des savoirs en perpétuelle évolution, pour répondre aux attentes des malades et de la société. Les vies professionnelles de médecins, d'infirmiers, d'aides-soignants ou de pharmaciens sont approchées dans leur confrontation avec deux maladies - la tuberculose et le paludisme - et avec une action de santé publique - la prévention. Les études ont été menées dans des structures de santé urbaine au Sénégal et en Côte d'Ivoire par une approche interdisciplinaire et comparative réunissant anthropologues, sociologues et historiens.

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